Textes Personnels

PEINDRE C’EST DEJA BEAUCOUP 2011

Exposition personnelle
La Galerie, Luxembourg
J’expose à la demande de Claude Truchi, une vingtaine de toiles, la plupart récentes.
Présences féminines ambigües, paysages destructurés, portraits d’anonymes que j’imagine nés sous-x.
L’espace de la galerie me permet de re_présenter la Butte Rouge , travail sur une photographie d’un groupe de fusillés
de la Commune de Paris.
Alain Millerand
Juillet 2011

Projet___Première exposition hors frontières, dans le cadre d’une galerie dotée d’un bel espace qui permet l’accrochage de pièces de grandes dimensions( La Butte Rouge, 240 cm x 240 cm ). Derrière la longue baie vitrée, les toiles gagnent en irréalité, l’image-reflet des vitrines avoisinantes venant en perturber la lecture. C’est ce genre de parasitage que je recherche dans les documents qui me servent de base pour la réalisation d’un tableau. Le titre générique de l’exposition Peindre, c’est déjà beaucoup vient de l’expression ”rien, c’est déjà beaucoup”, dont j’ignore l’auteur. Peindre sur rien ! le collage m’a séduit. Cette idée aussi, qu’aujourd’hui, l’acte de peindre n’est peut-être pas tout à fait anachronique.
Remerciement à Claude Truchi, photographe et directeur de la galerie, d’avoir accepté de montrer, dans le temps et l’espace, mon travail le plus récent.
CHAMBRE 17 2010
Exposition collective
Tem, Goviller

Texte proposé au visiteur

Ce n’est pas la baie de Nice,
ce sont les falaises blanches de la mer du Nord.
Au loin, la vague rumeur du moteur des pétroliers géants.
Imaginons un Grand Hôtel.
Les clients auront été refusés.
Chaque chambre aura été vidée de l’ensemble de
son mobilier,
les portes de secours condamnées.
Le Grand Hôtel devient alors un Musée imaginaire,
où mieux, un grand bazard.

Neuf toiles en situation.
Une cage
Une photographie.
Chambre 17.
Alain Millerand, Juin 2010

Projet___Au départ, une pièce vide de dimensions réduites.
Une chambre.
En écho, je construis une structure à montants métalliques. Une chambre dans la chambre. Une boîte dans la boîte.
Une cage.
Dans cette cage, un triptyque suggérant un espace claustrophobe (autre cellule) au centre duquel s’exhibe un corps fragmenté. Jambes nues, poitrine provocante, photocopie d’un visage asiatique. Jeune.
Un rideau de fils en nylon, espacés de 10 millimètres et teintés de peinture dorée, maintient en suspension cette grande toile. Evocation de rayons lumineux ou de son contraire, une pluie de gouttelettes dorées.
Entre sol et triptyque, une assiette en carton maculée de taches colorées. Rouge, orangé, vert, noir, blanc. La palette du peintre. Je laisse reposer sur une rectangle d’étoffe, en fait une broderie, souvenir de ma grand-mère, des pinceaux qui sont, dans l’esprit commun, les instruments naturels du peintre.
En regard de cette cage, une rangée de petites toiles carrées de 30 cm. Sept visages. Ils semblent absents.
J’agrafe une photographie d’identité. La mienne. Récente.
Intensité, sacralité, théâtralité, minimalisme , c’est ce que j’ai cherché à transmettre au spectateur indifférent.
Alain Millerand
2 Août 2011

QUEL SENS 2008

Exposition collective
Tem, Goviller

Texte proposé au visiteur

Oserez-vous pénétrer dans cette forêt de lianes enchevêtrées.
La Machine et quelques inconnus vous y attendent.
Ils partent pour Cythère à la recherche d’un monde dépourvu.
Serez-vous du voyage ?
Alain Millerand / Juin 2008

Projet___LIEU >>>>>>Espace de 6 m x 3 m
ENVIRONNEMENT >>>>>Un mur de pierres et deux installations
MATERIEL >>>>>>Bandes de signalisation rouge et jaune. Un ancien tir aux pigeons. Huit portraits sur toile, 55 cm x 38 cm
Je crée un mur de bandes de signalisation, invitant le visiteur à le franchir.
PROPRIETES >>>>>>Légères, sensibles au moindre souffle, presque immatérielles en position verticale et non tendues.
Plaisir de détourner ces bandes de signalisation de leur fonction initiale. Sans doute, pour certains, des réticences à franchir le mur, dues à la notion d’interdit que véhiculent ce matériau.
INTERIEUR >>>>>>Equivalence entre les bandes est une forêt de lianes. Un espace neutre pour la machine.
LA MACHINE >>>>>>Tir aux pigeons supportant huit toiles fixées sur un support en bois mobile. Le visiteur doit lui-même faire tourner la machine, en touchant les toiles (autre interdit) afin de faire défiler devant lui les huit portraits.
SON >>>>>>Cliqueti. Carton sur roue dentée.
PORTRAITS >>>>>>Provenance. Photos d’identité d’inconnus photographiées à la vitrine d’une Auto-Ecole.
ECLAIRAGE >>>>>>Directionnel sur un seul des portraits, les autres dans l’ombre. Au sol, néons bleutés
PROPOS >>>>>>Mettre en scène la peinture d’une façon particulière, avec une évocation de l’enfance, des interdits, du temps qui passe

LA BUTTE ROUGE 2007

Exposition collective
Tem, Goviller

Texte proposé au visiteur

A l’origine, une photographie découverte par hasard
dans un livre d’histoire.

Mai 1871. Douze corps alignés.
Douze corps d’homme et de femme,
certains adolescents, enclavés dans des
boîtes en bois clair.
Douze visages entre sourire et
métamorphose.
Douze absences de regard.
Douze histoires anonymes qui résonnent
justement avec les alignements de victimes
que floute la télévision contemporaine.

De cette photographie de fusillées de la
Commune de Paris, j’en ai fait une
passerelle vers la peinture.
Alain Millerand, Juin 2007

Projet___Le lieu qui a accueilli LA BUTTE ROUGE l’été 2007, est une vaste ferme lorraine, restructurée par
Claude et Alyne Rosenkrantz pour en faire un espace de rencontres et de confrontations plastiques.
La partie basse de ” La Butte Rouge ” est composée de neuf toiles de 120 cm x 50 cm supportées
par deux câbles tendus entre deux poutres. En arrière-plan, quatre toiles de 120 cm x 120 cm,
forment la partie supérieure du polyptyque. Fixées à un grand mur de pierre , elles reposent
visuellement sur la partie inférieure, établissant un lient étroit entre le bas et le haut.
Le tout est éclairé par une rangée de néons posée à même le sol.
L’idée étant de donner à cet ensemble imposant une apparence de légèreté.
Toutes les figures ont les yeux clos. Une seule fixe le visiteur. Personnage essentiel à l’installation,
affirmant sa présence, et jouant de l’arrogance, il fait basculer du coté du vivant ce qui aurait pu
apparaitre comme une célébration complaisante de la mort.
Alain Millerand , 17 Octobre 2007

BIENVENUE A BILBEAUTE 2007

Exposition collective
Centre culturel F. Mitterrand, Neufchâteau
Texte proposé au visiteur

Dés que j’ai vu le lieu d’exposition du Trait d’Union, j’ai compris qu’il me fallait, non pas exposer simplement mon travail, mais l’installer d’une façon d’une façon plus contemporaine. Donc jouer au mieux avec le système de panneaux pivotants, casser la lumière, cette amie-ennemie, créer des surprises visuelles, inventer un parcours, trouver un titre.

BIENVENUE A BILBEAUTE me convenait parfaitement.
C’était chaleureux et j’y associais l’image d’une fête foraine.
D’une façon plus lointaine, celle du village planétaire. On y voyait de jolies filles, certaines s’affichaient légèrement dévêtues. Quelques phénomènes de foire s’exhibaient. Ca sentait la barbe à papa,le patchouli,la sueur et le sexe. C’était bruyant, grotesque,effrayant parfois. L’amour y rôdait, la mort aussi, une mort de pacotille qui exhalait son odeur de rose fanée.Une violence latente ondoyait entre les stands et on y croisait quelques têtes célèbres d’artistes traînant dans leur sillage d’insupportables disciples.
BILBEAUTE, c’était aussi de la volupté, de la chance et du hasard à gogo.
En somme, une métaphore de la Peinture.
Certains aimeront. D’autres pas. En Art, rien ne m’intéresse, tout m’intéresse. Le Blanc ou le Noir!
Le Rouge ou le Rose! Le Jaune ou l’Ocre Jaune! Support ou surface! Bonnard ou malabar! Le bleu surtout.
Alain Millerand, le 1 Octobre 2007

Projet___Le centre Culturel F Mitterrand, dit ” Le Trait d’Union ”, abrite une salle de spectacle et un lieu d’exposition . Des panneaux pivotants de 2 mètres par 3 en font un espace modulable et largement ouvert sur l’extérieur. Profitant de la réfection du lieu qui met au rebut une montagne de revêtement plastifié, j’érige des structures de papier plastifié, légères et translucides, me permettant d’obstruer les vides entre deux cloisons. Des bandes de signalisation, utilisées pour marquer des zones interdites au public, me servent à moduler le lieu par un jeu de couleurs vives. Une seule personne à la fois pourra entrer dans l’exposition.

DIEZE DOUZE 2008

Exposition personnelle
Anne-Marie Di Marino
Daniel vdc
Lunéville

Texte proposé au visiteur

………….La pluie, lourde, poisseuse.
Moi, dans l’atelier aux néons.
Seul.
Face à face avec la Créature. Au bout de mes doigts, le pinceau claque.
Elle s’agite.
Rugit.Rougit.Belle.
Voluptueuse.D’une carnation parfaite.Va-t-elle prendre la pose ?
S’engage alors une lutte amor. A chaque instant je sais.
Je sais que je peux y perdre ce qui me reste de vie nocturne. Alors,
les heures s’effondrent.
Puis se confondent.
Le gingle du téléphone interrompt la séance.Une proposition intéressante.
La voix est chaleureuse. Le rire coloré.
Dehors, la pluie s’est arrêtée. Sous une lumière acide,
des dizaines de lombrics rampent dans l’allée boueuse du jardin.Je réfléchis.
Un peu trop longtemps.
Corrosif et puissant, un souffle de térébenthine effleure mon visage.Une sorte de glissement
nauséeux vers le néant.Sur la toile, une coulée.Crachat grisâtre.Crachat puant.
Evaporée la Créature ! Quelle importance ! J’ai accepté la belle invitation.
Alain Millerand / Juin 2008

Projet___Exposer dans le cadre d’un univers domestique le travail
d’un peintre ou d’un plasticien.
EXTERIEUR / Je fabrique des supports mobiles
pour les toiles avec des fers à béton.
INTERIEUR / Accrochage classique dans le grand salon.
Une trentaine de toiles. Anciennes et récentes. Pas de dessin.

AAA CAHIER 2007

Exposition collective
Galerie 379, Nancy
Texte proposé au visiteur

………..Qu’on me pardonne, mais j’ai volé chez un bouquiniste de la rue De Seine,
un livre impossible et bleu, ” La diplomatie française pendant la révolution ” .
………….A l’intérieur, offertes à ma convoitise, des reproductions de traités
de paix magnifiquement calligraphiés. Alors, palimpseste sur palimpseste,
cet ouvrage réchappé du pilon, glissa en riant, du livre ennuyeusement
diplomatique vers les errements incontrôlables du livre d’artiste.

AAA CAHIER est né
le 30 Septembre
1999
à Vandoeuvre-lès-Nancy
France

Projet___Exposer dans la galerie, sur des supports en verre, des livres d’artiste de tous horizons, en parallèle avec la manifestation annuelle du Livre sur la place de Nancy.
……………1999. Je commence AAA CAHIER comme une échappatoire à mon travail d’illustrateur. Plus de liberté , plus de hasards, plus de sensations . Déjà de la Peinture.
……………2007. La responsable de la Galerie 379, projette de montrer des livres d’Artiste.
Je me souviens alors de mon AAA CAHIER, cruellement abandonné depuis cinq années au rayon des objets oubliés.
……………Je le pare, pour sa première présentation au public, d’un collier de perles-aiguille à tête colorée.
……………Quand on le prend en mains, sensation étrange et légèrement désagréable.
……………Intéressant.
Alain Millerand, 17 Octobre 2007.